Affaire Gregory: Les époux Jacob et Murielle Bolle en ont-ils vraiment fini avec la justice?

Affaire Gregory: Les époux Jacob et Murielle Bolle en ont-ils vraiment fini avec la justice?

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Affaire Gregory: Les époux Jacob et Murielle Bolle en ont-ils vraiment fini avec la justice?

L’annulation de la mise en examen de Marcel et Jacqueline Jacob et de Murielle Bolle ne signifie pas pour autant qu’ils en ont terminé avec la justice…

Enterrement de Gregory Villemin avec Jean-Marie et Christine Villemin, ses parents. Lepanges, FRANCE – 20/10/1984. — WITT/SIPA
  • Le petit Grégory a été retrouvé mort le 16 octobre 1984.
  • En juin 2017, Murielle Bolle a été mise en examen pour « enlèvement suivi de mort » du petit Grégory tout comme les époux Jacob.
  • La chambre de l’instruction de Dijon a annulé ce mercredi ces mises en examen.

Tout ça… pour ça ? La chambre de l’instruction de Dijon a annulé, mercredi, les mises en examen de Murielle Bolle et des
époux Jacob pour le rapt mortel du petit Grégory Villemin, il y a 33 ans. Par conséquent, leur contrôle judiciaire a été immédiatement levé. Cette décision entraîne aussi l’annulation des actes de procédure qui découlèrent de leur mise en examen, à savoir des expertises psychologiques et psychiatriques ainsi que des PV d’interrogatoires.

« Murielle Bolle est libre et innocente »

La belle-sœur de Bernard Laroche, 48 ans aujourd’hui, « est super heureuse », déclare à 20 Minutes son avocat, Jean-Paul Teissonnière. « C’est la fin de son calvaire judiciaire qui a connu plusieurs étapes : il y a d’abord eu la main levée de l’incarcération, l’assouplissement du contrôle judiciaire et enfin la nullité de la mise en examen qui entraîne la main levée totale du contrôle judiciaire, cela signifie que Murielle Bolle est libre et innocente », poursuit son défenseur.

Dijon (Côte d'or), le 20 juin 2017. Des gendarmes escortent Marcel Jacob, le grand-oncle de Grégory, à sa sortie de la cour d'appel.
Dijon (Côte d’or), le 20 juin 2017. Des gendarmes escortent Marcel Jacob, le grand-oncle de Grégory, à sa sortie de la cour d’appel. – PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le grand-oncle et la grand-tante du petit Grégory ont pour leur part accueilli la nouvelle « en larmes ». « Ils n’ont plus rien à faire dans ce dossier », a expliqué leur avocat, maître Stéphane Giuranna, au cours d’une conférence de presse. Le couple avait été mis en examen, en juin dernier, pour « enlèvement » et « séquestration » suivie de mort et avait été placé en détention provisoire. Les enquêteurs les ont également soupçonnés d’être à l’origine de plusieurs lettres anonymes.

Murielle Bolle a, elle aussi, été suspectée d’avoir participé à l’enlèvement du garçonnet et avait été mise en examen quelques jours après les époux Jacob. A l’époque, elle avait raconté aux gendarmes que le 16 octobre 1984, elle était rentrée du collège en voiture avec Bernard Laroche, qu’il avait embarqué Grégory, qu’il était descendu avec lui « près d’une petite place » avant de revenir seul « un peu plus tard ».

« Des points de procédure »

Le lendemain, elle s’était présentée au palais de justice, entourée de sa famille, et s’était rétractée, accusant les gendarmes de l’avoir forcé à avouer. Depuis, les enquêteurs ont reçu le témoignage d’un de ses cousins, affirmant qu’elle avait été «molestée » par sa famille durant la nuit pour l’obliger à revenir sur ses déclarations. Elle avait été
confrontée à lui le 28 juillet dernier.

Les avocats des époux Villemin, les parents de Grégory, ont d’ores et déjà demandé « que la chambre de l’instruction convoque à nouveau Murielle Bolle et les époux Jacob pour leur notifier à nouveau leur mise en examen, en bonne et due forme ». « Le bien-fondé de ces mises en examen n’a en rien été remis en cause », ont-ils insisté dans un communiqué. Pour eux, la Cour a simplement relevé que la présidente de la chambre de l’instruction Claire Barbier, qui avait prononcé seule ces mises en examen, « n’en avait pas le pouvoir juridique, et que c’est à la chambre de l’instruction collégialement d’en décider. »

Dijon (Côte d'or), le 30 juin 1986. Murielle Bolle (à gauche) arrive au palais de justice pour être entendue.
Dijon (Côte d’or), le 30 juin 1986. Murielle Bolle (à gauche) arrive au palais de justice pour être entendue. – ERIC FEFERBERG / AFP

Le procureur général près la cour d’appel de Dijon, Jean-Jacques Bosc, souligne lui aussi dans un communiqué que « cette décision d’annulation porte sur des points de procédure et non pas sur des éléments touchant au fond du dossier ». Il va analyser la motivation de la décision de la chambre de l’instruction et ensuite, « avisera sur les éventuelles suites procédurales à donner à l’arrêt ». Il a jusqu’à mardi pour former un pourvoi en cassation. Il pourrait demander ensuite le renouvellement des mises en examen.

« Ils doivent rester étrangers à cette affaire »

L’avocat des époux Jacob, Stéphane Giuranna, appelle à la poursuite des investigations « en laissant totalement tranquilles » ses clients. Il exhorte les magistrats « à ne pas tenter » de les remettre en examen. « Ils doivent rester étrangers à cette affaire dont ils ont prouvé depuis maintenant un an qu’ils étaient totalement innocents parce qu’ils étaient sur leur lieu de travail. » L’affaire Grégory est loin d’être finie.

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Source : https://www.20minutes.fr/justice/2272071-20180516-affaire-gregory-epoux-jacob-murielle-bolle-vraiment-fini-justice#xtor=RSS-149

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